séance sado-maso

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    GCGC
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    Afin de bien comprendre le mot « professionnalisme » en sado-masochisme, voici une de mes expériences. Vous lirez que mon manque de vigilance a risqué des dégâts importants.

    Dans la séance vécue il y a peu d’années, j’avais reçu une demande de rendez-vous par téléphone. Cette demande était inédite car c’était la soumise (et non le dominant) qui appelait. La jeune-femme demandait un rendez-vous pour elle, mais la discussion téléphonique n’était pas trop cohérente : cette nouvelle venue ne savait pas précisément me dire qui lui avait donné mes coordonnées et il y avait quelques contradictions dans ses attentes. Elle n’avait pas le profil SM, ne semblait pas soumise au point de vouloir être attachée et fouettée, ne recherchait pas spécialement ce type de loisir, hésitait un peu quand je tentais de comprendre ses motivations. Finalement, il apparut que c’était son amant – un homme plus âgé qu’elle – qui voulait une séance SM pour sa maîtresse, avec lui comme spectateur. Il demandait d’ailleurs l’enregistrement vidéo complet de la séance et un habillement ad-hoc des deux parties (la soumise et moi). L’enregistrement ne me posait pas de problème puisqu’ un tiers des invité(e)s le demandent déjà (pour le plaisir de se revoir à postériori j’imagine).

    Les demandes de l’amant étaient multiples : voir et entendre son amie en sm grâce à un professionnel extérieur (c’est psychologiquement plus confortable qu’attacher soi-même),
    contempler le corps dominé et ondulant de sa maîtresse sous mes cravache et fouet,
    pouvoir visionner la vidéo plus tard (pour lui seul, avec sa maîtresse, ou bien avec des amis, en privé), avoir des idées pour éventuellement sadiser plus tard son amie et, qui sait, aménager sa propre salle SM.

    Je n’avais jamais reçu pareille demande auparavant : l’amant voulait rester habillé et autonome pendant toute la séance, ce qui ne se fait pas chez moi, comme expliqué plus haut. Il voulait, me disait son amie, pouvoir la filmer et la photographier librement sous tous les angles. Je devais me décider vite : toute conversation téléphonique clôturée sans rendez-vous est généralement perdue.

    La jeune-femme acceptait pleinement, en adulte, les fantasmes de son amant, ce qui était la base du rendez-vous ; elle m’autorisait aussi à «  satisfaire tout ce que son ami me demanderait de lui faire, sans aucune limite, pour autant que je n’aie pas de rapport sexuel, buccal ou anal avec elle ». Pendant la séance SM, elle serait pieds nus, porterait un collant en latex noir, un bustier à lacets et des gants opéra. De plus, son amant voulait qu’elle ne voie rien.

    Ce choix des vêtements latex ne me plaisait pas, pour plusieurs raisons. C’est une matière sexy et très mince mais qui n’amortit ni ne répartit les chocs de la cravache et du fouet sur la peau. C’est une matière non respirante ; or une séance SM hard fait transpirer ! De plus, ici, la demoiselle n’était pas personnellement demandeuse et j’étais convaincu que le bâillon ou la cagoule allait encore accroître le stress et donc la transpiration. J’ai tenté de lui faire choisir le cuir voire le tissu, mais l’amant était intraitable et arrêté sur le latex noir. Soit ! Après tout c’étaient leurs demandes d’adultes. Quant à moi, le plaisir que la séance « SM » allait m’apporter me satisfaisait déjà beaucoup d’avance. De surcroit, la maîtresse avait une voix jeune et je fantasmais déjà sur ce corps que j’allais faire bouger en SM.

    Elle ajouta que, pour l’attacher, je pouvais boucler un bracelet en cuir à chacun de ses poignets et chevilles. Elle acceptait le collier à quatre anneaux. Si nécessaire, je pouvais ajouter ceinture, cagoule et bâillon. J’étais libre d’entraver ses mouvements comme je voulais, sans que ni elle ni son amant ne s’y oppose.

    Excepté les vêtements de la jeune-femme, le couple n’apportait aucun matériel. Je devais donc tout prévoir.

    En ce qui me concerne, elle demandait que je sois en pantalon cuir moulant et hautes bottes noires ajustées comme on leur avait décrit. Je devais en outre porter des gants noirs ainsi qu’un bracelet en cuir aux poignets. J’appris, bien après la séance, que ma tenue faisait partie du décor filmé. Cette revendication vestimentaire ne me dérangeait pas : c’est la mienne. Un pantalon en cuir serrant et des bottes sont chauds, surtout quand on sait combien s’activer autour d’un(e) soumis(e) qui gigote pendant une demi-heure demande de la condition physique. Réussir à faire danser l’esclave au rythme d’une musique, alors qu’elle tente d’échapper aux frappes, est un réel challenge physique. Je fais du sport et j’ai le tonus requis.
    La dominée et moi on allait avoir chaud tandis que l’amant, lui, il resterait tranquillement en l’arrière-plan à donner des ordres, à photographier et à filmer, supposais-je. Perspective professionnelle donc.

    Enfin, les balises étaient que je ne fouettais que fesses, hanches, cuisses et mollets, et pas les parties génitales ni le dessus de la ceinture. Exceptionnellement le dos. De plus, comme je suspectais l’amant de vouloir partager l’enregistrement vidéo avec d’autres personnes, j’exigeai d’être masqué. Elle me donna son accord sur la cagoule modèle « bourreau ». C’était d’accord sur mes mitaines aussi  : manipuler fouet et cravache à main nue pendant une demi-heure est pénible, d’autant que je craignais une demande de surenchère et de prolongation de la part de l’amant.

    Je précisai aussi que si le monsieur revendiquait des attitudes et des actes que je refusais, je restais le maître absolu (sans jeu de mots) de la séance. C’était non-négociable quitte à y perdre en termes de « satisfaction clientèle ».

    Accords étant conclu sur l’ensemble et ses détails, on fixa le moment du rendez-vous.

    Le jour du rendez-vous ils arrivèrent cinq minutes plus tôt, ce qui était de bon augure. Respecter l’horaire signifie respecter les accords. En SM, les symboles et les accords importent autant qu’ailleurs.

    La jeune-femme avait entre 25 et 30 ans, plutôt grande, assez mince, yeux bruns, coiffée garçonne, visage rond, relativement jolie et marchand avec légèreté. Elle était discrètement maquillée. Lui, la petite soixantaine, était de la même taille, sans lunette, avec une voix grave mais posée, un peu enrobé physiquement. Tous deux portaient des vêtements de marque. Je fus immédiatement convaincu que c’était une relation financière qui les unissait. Elle était entretenue par lui mais devait satisfaire – tout à un prix dans la vie – à des demandes minimales de sa part. Elles allaient être maximales dans peu de temps me dis-je, avec un sourire intérieur.

    J’eus un bref instant de compassion : malgré mes explications détaillées et le rappel (pour la 3e fois) du déroulement de la séance, cette jeune-femme ne soupçonnait sans doute pas pleinement les moments pénibles qu’elle allait vivre bientôt sous mes cravache et fouet, puisque c’était sa première séance. Et je me dis que ce n’était certainement pas l’amant qui allait tenter de me ralentir. Je me rassurai qu’après tout leur contrat ne me regardait pas et que son accord m’avait été donné lors de nos conversations téléphoniques. A mon avis, l’amant était le seul du couple à si bien connaître ma réputation et mes goûts. Il avait dû bien se garder d’expliquer à sa partenaire les détails de la suite. Je pensai alors au plaisir que la séance SM allait m’apporter de faire bouger et crier ce beau corps durant au moins trente minutes. Mon anatomie me le rappela : j’aime le SM hard surtout quand il est imminent et que l’objet est élégant.

    Leur souhaitant la bienvenue, je leur demandai s’ils souhaitaient tous deux un rafraîchissement ou bien s’ils préféraient un respect strict de l’horaire. Le monsieur me confirma son empressement et me demanda de passer directement par les toilettes puis par le dressing, afin d’y aider son amie à s’habiller.

    J’attendis un petit quart d’heure et en profitai pour vérifier ma salle et ma caméra. Ils sortirent ensemble du dressing, lui, ayant seulement ôté son manteau et ses chaussures, elle, déjà vêtue de vinyle comme annoncé. Ils me regardèrent tous les deux, de bas en haut, comprenant ainsi que l’accord vestimentaire était respecté.

    Le délai de son habillement s’expliquait : elle était pieds nus, le latex très ajusté et presque sans pli (et qui en a déjà mis sait combien un collant en latex est long à enfiler, malgré le talc), et le bustier à lacets… plutôt serré. Le cou tout à fait dégagé marquait les gants noirs opéras. Visiblement la jeune-femme était sa chose et il avait assez bon goût. Etant donné qu’elle ne cessait de se regarder discrètement dans le miroir, elle devait se trouver élégante aussi.

    On entre dans la salle ? Demandai-je, un peu tendu par cette séance inédite. J’ouvris la porte et les laissai pénétrer. Elle parcouru immédiatement les lieux du regard : la majestueuse plante verte, les éclairages direct et indirect, la chaîne Hi-fi, la caméra sur pied, les fouets, cravaches et martinet accrochés aux flancs de l’armoire, les cagoules, baillons, ceintures, colliers, mousquetons, bracelets, chaînes sur les étagères et la table, ma cagoule, mes mitaines et les bracelets de poignets, tout en bas.

    Son regard s’arrêta sur l’espalier puis sur les trois anneaux scellés aux murs.
    Elle regarda aussi les deux crochets et la poulie du centre du plafond. Elle suivi la corde accrochée au piton du mur, son parcours dans la poulie du plafond et sa descente verticale suspendant le trapèze de bois terminé par les anneaux d’acier.
    Visiblement elle découvrait un univers nouveau : elle était à la fois interpellée et hypnotisée. Inquiète, je ne sais pas.

    J’aime les novices en SM car leur étonnement de ma salle me séduit.

    Le monsieur me demanda encore trente secondes, le temps de mettre le bandeau à la jeune-femme. Il le sortit de sa poche et le lui positionna sur les yeux en lui chuchotant « à tantôt ma chérie». Je la fis ensuite s’asseoir sur le tabouret haut, adossée au mur. Je mis la chaîne Hi-fi en route : une heure de Wagner était amplement suffisante. Je regardai l’amant et il me fit un signe signifiant le début de la séance.

    Je lui expliquai le fonctionnement de la caméra. Il connaissait, merci. Il voulait seulement régler son appareil photo.

    Je mis ma cagoule « bourreau », l’ajustai promptement en serrant fort les lacets arrières (comme je bouge beaucoup, il faut qu’elle tienne bien, d’autant plus que le bas est tout à fait dégagé); je bouclai mes bracelets de poignets et pris le collier sur l’étagère. Je fis signe au monsieur qu’il pouvait engager l’enregistrement vidéo. La jeune-femme attendait toujours docilement et silencieusement sur son tabouret, attentive aux sons sans doute.

    Je me mis devant elle et lui pris la main droite. Je lui serrai et bouclai le premier bracelet à double attache autour du poignet. C’était le modèle de bracelet le plus résistant et le plus confortable que j’avais : il est large, molletonné et il répartit le mieux les efforts de traction. Pareil avec l’autre poignet.

    Je lui plaçai ensuite le collier autour du cou et le serrai normalement. Par cette action symbolique, la dominée su que la séance commençait.

    J’abaissai le trapèze suspendu par la poulie et l’arrêtai au centre de la pièce.

    Je demandai à la jeune-femme si cela allait toujours bien et lui demandai de se lever, je pris ses mains gantées dans les miennes et lui fis faire deux pas afin de se positionner au centre de la pièce, devant le trapèze. Je l’abaissai à 30 cms au-dessus du sommet de sa tête environ (altitude idéale pour une longue séance).
    J’attachai alors immédiatement, avec un mousqueton, le bracelet du poignet droit à l’extrémité droite du trapèze.

    Je fis de même avec le poignet gauche. Enfin, je pris ses mains, ouvrit ses doigts et lui expliquai qu’elle pouvait empoigner le bois du trapèze si elle le désirait. Que c’était même mieux.

    Je relevai alors un peu le trapèze, grâce à la poulie, jusqu’à ce qu’il fût à environ deux mètres de hauteur.

    La soumise était donc, enfin, les bras mi-fléchis vers le haut, les deux mains attachées aux extrémités du trapèze et écartées d’environ soixante centimètres (l’idéal est que les mains soient écartées un peu plus large que les épaules – 10-15 cms en plus de chaque côté). Elle enserrait le bois du trapèze à pleines mains. Durant cette rapide procédure, ni la soumise ni l’amant n’avaient rien dit. La caméra avait filmé et filmait toujours.

    J’apporte ici une information technique concernant l’installation « corde – poulie – trapèze – bracelets » : il faut que l’ensemble soit très résistant et que les bracelets soient bien serrés autour des poignets. On ne s’imagine pas à quel point l’esclave, au cours de la demi-heure de SM va bouger dans tous les sens, combien il (elle) va tirer le trapèze dans toutes les directions, parfois jusqu’à s’y pendre quelques secondes, suite aux stimulations de la cravache.

    La soumise était donc à présent à complète disposition, de fait et par contrat, et l’étape la plus risquée – celle de l’attache des mains – était franchie sans heurt ni contestation. La jeune-femme était debout, élancée devant moi, et limitée par les bras relevés, au centre de la pièce. Mon pantalon en cuir empêcha le monsieur de constater combien j’aime cette procédure de mise en propriété.

    A toute fin utile, je pris les deux autres bracelets et je les plaçai autour des chevilles. Cette précaution est parfois bienvenue en cas de ruades de l’esclave qui tente d’éloigner le Dominant par des jeux de jambes (ruades). Dans ce cas, grâce aux bracelets de chevilles déjà en place, on peut rapidement (il faut compter trente secondes) limiter l’amplitude des mouvements en réunissant ces deux bracelets de chevilles par une courte chaîne et deux mousquetons à ressort.

    L’amant prit trois-quatre photos de l’ensemble, dont une de bas en haut. Ses déplacements autour de la soumise et moi me déconcentraient et je décidai de faire abstraction de lui quoi qu’il arrive : c’était à lui de s’accommoder à mon travail et pas l’inverse !

    Je rappelai à la jeune-femme le safe-word et le lui fis répéter 4 fois.

    J’ai l’habitude, au départ de chaque séance, d’échauffer mon esclave par de petits coups de cravache en commençant par deux frappes importantes pour moi. Cette préparation a pour objectif d’estimer la réactivité et la résistance à la douleur, mais aussi d’apprécier la souplesse et l’ élégance dans les mouvements. Je mis mes mitaines noires, pris ma plus longue et plus souple cravache de septante centimètres de longueur, terminée par un paddle en cuir de quatre centimètres sur dix environ. J’enfilai la dragonne autour de mon poignet, pris un peu d’élan et frappai la fesse gauche enrobée de latex. C’était très fétish de voir la trace du paddle s’imprimer dans le mince latex de ses fesses. La jeune-femme empoigna le trapèze à pleines mains, poussa un hululement significatif, tira sur le trapèze tout en repliant longuement sa jambe vers le haut, approchant ainsi le talon de la fesse.

    C’était de bon augure : la jeune-femme réagissait vite et bien. Tout son corps avait fléchi élégamment, ce qui augura une séance harmonieuse et dynamique.

    Je fis immédiatement de même sur la fesse droite ; le paddle s’imposa dans le vinyle, ce qui entraîna un mouvement latéral inverse du corps, comme un « S » s’inversant dans un miroir.

    Son corps ondulait bien, elle réagissait vite et les mouvements étaient esthétiques. Le cuir de mon pantalon se tendit encore tandis que je refrappai sur la fesse gauche puis sur la droite. La soumise se cambrait, s’agrippait au trapèze et se contorsionnait langoureusement. Elle tentait instinctivement d’échapper à la stimulation suivante, mais y arrivait de plus en plus difficilement étant donné le rythme croissant. Je rappelle qu’elle ne voyait rien grâce au bandeau mis par son amant.

    Je changeai de cravache, pris une plus courte et plus dure (les cravaches longues et souples sont difficiles à utiliser quand on veut augmenter la cadence tout en visant juste) et accélérai progressivement le rythme pour rejoindre celui de Wagner. Comme à chacune de mes séances SM, c’était magique pour les yeux. De surcroît, ici, la souplesse de la jeune-femme et sa réactivité m’avait permis d’arriver assez rapidement au bon rythme. C’était une jeune-femme qui devait certainement très bien danser en boîte de nuit ou ailleurs me dis-je.

    Je frappai ensuite progressivement les côtés et l’arrière des fesses et des cuisses pour commencer à la faire tourner dans l’espace. Il fallait arriver à une danse en trois dimensions. Ma difficulté, à ce stade, était d’anticiper la position que le corps allait prendre après chaque coup de cravache et m’apprêter à le frapper au bon endroit pour imprimer le mouvement suivant et dans la direction voulue.

    C’est ici que je commençai à avoir chaud car la soumise bougeait beaucoup et je devais, moi aussi, tourner autour d’elle pour me trouver au bon endroit à chaque fois.

    Bien que ma salle SM soit insonorisée, les cris de la soumise était très incommodants. En effet, la mélodie wagnérienne était couverts par les sons aigus de la jeune-femme et ce bruit me déconcentrait dans mes efforts pour la faire bouger esthétiquement. Je décidai donc de la bâillonner.

    Je pris mon bâillon préféré : la « bâillon-boule à lanière faciale ». La jeune-femme profita de ce répit pour souffler un peu. Je me mis derrière elle, lui imposai la boule en bouche, bouclai fermement la sangle derrière la nuque puis celle sous le menton. Je remontai la sangle faciale entourant le nez, bloquant par la même occasion le bandeau, la repassai au-dessus de la tête pour resserrer l’ensemble par le harnais arrière (ceux qui veulent en savoir plus sur ce type de bâillon peuvent me demander ma fiche technique et le dossier).

    Je lui donnai le safe-code et le lui fis faire 4 fois en tout.

    La jeune-femme était splendide : tout en longueur, en noir brillant, étirée vers le trapèze et enserrée dans son bustier à lacets. Je me mis devant elle, ajustai et resserrai un peu les lanières par souci d’esthétisme et d’équilibre. La boule était bien engagée en bouche, ne lui permettant plus de trop crier, laissant ainsi de la place à Wagner. Elle respirait profondément par le nez et les côtés de la boule, comprenant ainsi qu’elle devrait pour la suite respirer en rythme et non plus crier constamment.

    Je fis encore un fois le tour de mon objet qui était totalement érotisé : j’étais satisfait du placement du bâillon et de la ligne générale de la jeune-femme.

    L’amant, lui, écarquillait les yeux de plaisir, mitraillait avec son appareil photo tandis que la caméra continuait son enregistrement. Il allait en avoir de moments de satisfaction à voir et revoir sa chère séance…

    Nous allions pouvoir reprendre la succession de mouvements harmonieux de ce beau corps sur fond SM.

    Je repris la cravache courte et recommençai à la faire chalouper en trois dimensions. Elle gémissait encore abondamment, mais grâce au bâillon c’était acceptable. Coup après coup, son corps obéissait aux impulsions ; le vinyle mémorisait pour quelques secondes la cuir de la cravache et l’objet SM se contorsionnait harmonieusement sur mélodie. On était, enfin au rythme de croisière de la séance. A ce stade, seul mon objectif d’esthétisme et d’expertise comptaient. C’était excitant et fascinant ! Je n’avais aucune compassion puisque j’avais reçu son plein assentiment quelques jours plus tôt. J’en profitai donc pleinement et sans scrupules.

    La soumise tournait dans toutes les directions autour du trapèze, dansait, ondulait, fléchissait puis se redressait, se cambrait puis se voûtait, toujours attachée les bras légèrement vers le haut. Extraordinaire d’érotisme ! Je repensai à cette chanson de Vivien Savage « la p’tite Lady » dans laquelle il chante « Qu’est-ce que tu bouges bien,  … ».

    Cette scène dura environ dix minutes, ce qui nous permis d’apprécier Wagner et son sens de la variation du rythme. La Soumise dansait toujours aussi magnifiquement sous l’impulsion de la cravache et j’étais très content de ma dextérité. L’amant aussi visiblement.

    Quinze minutes s’étaient déjà écoulées depuis le premier coup avec la cravache longue. Le temps passe vite quand on crée et qu’on aime ce qu’on fait. Je ralentis donc le rythme, afin de laisser à l’esclave un peu de répit. Elle transpirait tout autant que moi.

    Dans la mesure où l’amant photographiait abondamment et était demandeur d’originalité (ce que j’apprécie, il faut l’avouer), je songeai à présent à utiliser soit le martinet à lanières, soit la cravache à queue de serpent. Le martinet est en cuir, avec un manche dur terminé par une petite trentaine de lanières de 25 centimètres environ. Il est convivial à utiliser car la force de frappe est répartie sur toutes les lanières, ce qui communique à la fois une sensation de massage à l’esclave masochiste, mais laisse aussi des traces rougeâtres fétiches sur la peau. La cravache à queue de serpent, elle aussi, est en cuir tressé, mais à une seule lanière terminée par une petite boule de cuir fermée sur elle-même. C’est une cravache redoutable car la force de frappe est concentrée sur la « queue de serpent ». Il faut donc la manipuler modérément.

    Je songeai à utiliser le deuxième quart d’heure en trois phases : cinq à six minutes de martinet pour détendre la soumise, quelques coups bien sentis avec la cravache à queue de serpent pour notre amusement et puis terminer comme nous avions commencé, avec la cravache dure, pour faire danser notre objet de plaisir commun à l’amant et moi.

    Je m’apprêtai à prendre le martinet quand l’amant, n’y tenant sans doute plus, me montra la cravache à queue de serpent et me fis comprendre qu’il voulait asséner un coup lui-même. Je lui fis signe que j’étais d’accord tout en lui montrant avec mes mains qu’il devait faire très doucement. Il acquiesça, pris la cravache, se recula et frappa, avec une force démesurée, simultanément les deux fesses de sa maîtresse. Je pensai « il est fou ». Il avait bien visé : le cuir de la queue de serpent s’enfonça profondément dans le vinyle des deux fesses. La soumise, de douleur, ouvrit grand les mains puis les referma, crispa sa nuque, poussa son bassin vers l’avant, se cambrant de toutes ses forces en tirant sur le trapèze et en se montant sur la pointe des pieds. Trois longues secondes passèrent dans cette position avant qu’elle ne hurla dans la bâillon. La douleur avait dû être puissante. Je repris immédiatement le fouet des mains de l’amant, furieux car c’était beaucoup trop fort. De plus, pour garder la face, il nierait évidemment que c’était lui qui avait frappé en me faisant porter l’acte.

    Afin de répartir la douleur, je la frappai encore quelques fois avec ce fouet, mais de moins en moins fort et un peu partout.

    Je pris ensuite le martinet et frappai une cinquantaine de fois le dos, les fesses, les cuisses avant et arrière et un peu les mollets. Je laissai la jeune-femme retrouver son souffle et se remettre du stress pendant une demi-minute environ et repris la séance avec la cravache dure.

    Wagner reprenait du rythme ; l’objet fétish et moi aussi. De la voir à nouveau se contorsionner et s’arquer dans tous les sens, tirer sur le trapèze, de l’entendre crier et geindre dans le bâillon, me fis peu à peu oublier l’épisode de la cravache à queue de serpent. Je me concentrais sur ma danseuse en m’appliquant à harmoniser ses mouvements et à profiter des dernières minutes d’excitation que me donnait la domination et la maîtrise de son corps. Je savais que les trente minutes se terminaient et frappai les dix dernières fois un peu plus fort afin d’achever la danse par quelques cabris.

    Quand le temps fut écoulé, je m’arrêtai et fis remarquer à l’amant que c’était fini. Il voulait un peu prolonger, mais je refusai. Nous laissâmes la jeune-femme seule dans sa position pendant cinq minutes. L’amant en profita pour prendre encore quelques clichés sous tous les angles. Il faut avouer que contempler la soumise ainsi mouillée et salivante était érotique. J’ôtai son collier, puis les bracelets de chevilles. Ensuite, je m’occupai du bâillon en défaisant les lanières une à une. Quand ce fut fait, elle respira longuement, bouche ouverte. Je descendis le trapèze grâce à la poulie et libéra immédiatement les poignets tout en laissant les bracelets accrochés et pendants.

    L’amant vint pour lui enlever le bandeau et la pris dans ses bras. Elle ne dit rien, quitta la pièce et marcha avec lui vers le dressing.

    J’enlevai mes gants, mes bracelets de poignet et délassai ma cagoule. J’avais chaud. Je m’en voulais d’avoir fait confiance à l’amant en lui laissant la cravache à queue de serpent, mais c’était trop tard. Rien de tel que le professionnalisme pour minimiser les risques me dis-je.
    Pour le reste, j’étais content car j’avais respecté les accords et je m’étais plu durant une demi-heure avec la belle et élégante soumise.

    Quand ils sortirent du dressing, elle s’était rhabillée. Elle était toujours aussi élégante et, comme toujours, je regrettai que c’était déjà fini. Elle regarda mon pantalon et mes bottes, me fixa sans rien dire, et demanda à son amant de partir.

    Je donnai à l’amant la carte SD de l’enregistrement vidéo.

    Il me dit qu’il me recontacterait rapidement.

    Il tint parole en me téléphonant le surlendemain. Il était enchanté de la séance. La vidéo était au-delà de ses espérances et les photos réussies.

    Je ne les revis plus mais l’amant m’envoya de nouveaux et nouvelles amateurs, en vantant ma classe et ma rigueur. C’était déjà ça.

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