ABDL : fétichisme d’infantilisation et couches-culottes

par Elle
le

Mannequin ABDL avec des couchesLes ABDL (Adult Babies / Diaper Lovers) sont des adultes qui aiment se comporter et s’habiller comme des bébés, et/ou porter des couches.

Leurs pratiques sont souvent dénigrées, moquées, ou considérées comme taboues, voire parfois qualifiées de “graves”.

Certes, celles-ci sont peu communes. Mais rappelons qu’il s’agit d’activités entre adultes consentants, qui ne font de tort à personne et ne présentent aucun danger.

En parcourant le Subreddit consacré aux ABDL, j’ai croisé plusieurs discussions sur les raisons et les manières de pratiquer ce fétichisme. D’ailleurs, pour certains, il s’agit davantage d’un mode de vie aue qu’un simple fétichisme).

Voici une traduction de quelques extraits.

Le vocabulaire ABDL

Tout d’abord, un petit point sur le vocabulaire employé :

  • Les “littles” ou “AB” (Adult Baby) sont les personnes qui aiment faire semblant d’être des bébés.
  • les “DL” (Diaper Lover) sont celles qui aiment porter des couches.
  • Une “mommy” / un “daddy” / un “big” est une personne qui s’occupe d’un “little”.
  • Comme en BDSM, un “switch” est quelqu’un qui alterne les rôles.

Ces appellations n’ayant pas, à ma connaissance, d’équivalent francophone couramment employé, j’ai conservé les termes anglais afin d’éviter toute confusion.

Les pratiques ABDL, du point de vue des “littles” et des diaper lovers

Le premier topic qui a retenu mon attention est celui dans lequel un visiteur demande poliment quel est l’attrait des pratiques ABDL. Voici la traduction de quelques réponses :

 

“L’attirance est différente pour chacun, mais des thèmes communs existent”

Je pense que très peu d’entre nous peuvent désigner un déclencheur spécifique et dire “C’est à cause de ça. J’aime les couches à cause de ce moment précis, là.”.

Comme pour la plupart des choses “en marge de la société”, il s’agit probablement d’un mélange entre génétique et conditionnement.

Si vous faites quelques recherches Google simples sur le fétichisme en général, vous trouverez un grand nombre d’articles sur les origines du fétichisme, qui finissent invariablement par constater que personne ne les connaît vraiment. Ceux-ci sont la plupart du temps très mal écrits. En effet, leurs auteurs se concentrent souvent uniquement sur ​​les aspects négatifs du fétichisme, et sur ​​les cas d’ampleur psychiatrique, plutôt sur que la vaste majorité d’entre nous qui ont des fétichismes inoffensifs, qui peuvent finalement être simplement considérés comme des fantasmes sans danger, faisant partie de la diversité normale de la vie.

Ce sont toutefois les deux explications qui circulent le plus fréquemment ; l’inné, le conditionnement, et un mélange subtil de ces deux aspects.

L’attirance est différente pour chacun, naturellement, et chacun de nous ne peut s’exprimer qu’en son propre nom. Mais cependant, des thèmes communs existent.

Du point de vue non-sexuel, le confort et le soin sont les principaux aspects. Je le répète, tout le monde ne perçoit pas les choses de cette manière. Mais c’est le cas de beaucoup de gens.

Du point de vue sexuel (et certains vous diront aussi que cela ne s’applique pas à eux non plus), eh bien, c’est sexuel. L’attirance vient du fait c’est excitant et agréable.

S’il existait une réponse toute simple au pourquoi tout cela, beaucoup d’entre nous n’auraient pas eu à faire autant d’introspection en grandissant, parce qu’un autre thème évoqué de manière récurrente est le dégoût de soi, la honte, la dépression, la purge (se débarrasser de la paraphilie) et ainsi de suite.

Il faut parfois beaucoup de temps pour contourner tout cela et arriver à un stade d’’acceptation de soi. L’ère de l’Internet aide beaucoup, naturellement, car il existe maintenant des ressources destinées aux débutants, pour aider à expliquer ce truc bizarre qu’ils ressentent …

 

“Un retour à une période plus facile de nos vies”

Certains ne seront pas d’accord avec cette qualification de “fétichisme”, mais c’est sans doute le terme le plus proche qui existe, donc ce n’est pas grave.

M’exprimant pour le côté AB (ndlr: “Adult Baby”), je pense que la plupart d’entre nous font ça car cela nous rassure. C’est un retour à une période plus facile de nos vies, où il y avait beaucoup moins de raisons d’être stressé.

Ce n’est vraiment qu’un moyen pour nous d’oublier les problèmes de notre vie d’adulte pendant quelques instants. J’ai entendu beaucoup de gens me dire “ne grandis pas trop vite, ton enfance te manquera”, et pour moi, nous prenons simplement ce conseil au sérieux.

 

“A la fois un frisson sexuel et un sentiment de sécurité”

Pour ma part, je ressens à la fois un frisson sexuel et un sentiment de sécurité lorsque je fais semblant d’être petite. Être dans les bras de mon “daddy” (qui est aussi mon petit ami) me procure un sentiment de bien-être et de sécurité. Oui, cela m’excite sexuellement, mais je n’agis pas toujours en conséquence. Il y a quelquefois des moments où ça ne m’excite pas.

Et lorsque je porte des couches, j’ai divers degrés de “port excité” contre “port en mode “little””. Il y a des jours où je n’en mets que pour la satisfaction sexuelle, des jours où c’est pour me sentir petite, et tout un éventail de stades intermédiaires.

 

“L’idée de porter des couches était une chose “taboue” que j’adorais”

Le cerveau est un truc bordélique, confus et déroutant.

Personnellement, j’ai toujours voulu porter à nouveau des couches quand j’étais gamine, et ce, à peu près depuis que je n’en porte plus.

L’amalgame sexuel vient probablement du fait que je n’ai jamais découvert qu’il y avait une communauté autour de ça, ni que c’était une chose acceptable, avant ma puberté et le début de mon développement sexuel.

L’idée de porter des couches était une chose “taboue” que j’adorais, donc tout naturellement, l’idée m’excitait beaucoup.

Avec la stupide folie hormonale de la puberté, cette excitation régulière s’est aussi transformée en excitation sexuelle, et j’ai simplement fait avec. Ces liens se sont renforcés au fil du temps, et maintenant je suis une fétichiste éhontée, en plus d’être une “little” mignonne et câline !

 

“Un objet à la fois réconfortant et sexuel”

Un de mes premiers souvenirs remonte aux alentours de mes cinq ans. Je me souviens m’être faufilé hors de ma maison et m’être allongé dans un trou dans le sol. Ce faisant, je me rappelle avoir imaginé que le trou, la terre douce et l’espace de confinement étaient l’étreinte d’une sorte de mère nourricière. Je me souviens avoir prétendu qu’elle me tenait serré contre elle et refusait de me laisser partir. C’était tellement réconfortant. J’avais un vif besoin de cette sensation.

A peu près à la même époque, j’ai découvert que je pouvais obtenir la même sensation de confort en portant les couches de mon petit frère. A un certain moment au cours de ma puberté, j’ai commencé à percevoir les couches comme une forme d’excitation sexuelle et je suis devenu accro.

C’est ainsi que, pour moi, c’est un objet à la fois réconfortant et sexuel.

 

“Porter des couches signifie que ce n’est pas grave. Qu’il n’y a rien de mal à perdre le contrôle”

Il y a autant de raisons d’aimer les couches que de gens qui les aiment.

Pour moi, c’est un mélange de diverses choses. J’ai voulu porter des couches à peu près depuis l’âge où j’ai cessé d’en porter. J’ai gardé ce secret énorme pendant toute mon enfance et c’était vraiment mauvais sur moi. Au début, quand j’ai découvert que je n’étais pas un monstre seul dans l’univers, je pensais qu’il s’agissait juste d’un fétichisme pour moi. J’aime les sensations physiques causées par le port et l’utilisation des couches, c’est aussi simple que ça.

Je ne vais pas mentir, mon développement sexuel a probablement été irrévocablement modelé par le fait que je me sois tant concentré sur ce fétichisme lorsque je l’ai découvert. Beaucoup de fantasmes disparates peuvent être liés aux couches, aussi. Des fantasmes de régression, de perte de contrôle, d’humiliation, et ainsi de suite.

Finalement, je me suis rendu compte que ce n’était pas seulement sexuel. Honnêtement, j’aime juste porter des couches et me comporter en tant que “little” sans activité sexuelle associée, parfois.

Le confort du rembourrage doux et de l’épaisseur entre les jambes est agréable, mais il y a une sensation qui vous rappelle sans cesse sa présence. Même si je ne prête pas attention au fait que je porte des couches, les choses qu’elles signifient pour moi influencent toujours un peu mon humeur et mon état ​​d’esprit, en quelque sorte.

En grandissant, et même maintenant, j’ai toujours eu constamment peur de me tromper, de mal faire. Aussi bizarre que cela puisse paraître, les couches m’aident en quelque sorte à canaliser cette crainte. Normalement, mouiller votre culotte est un horrible, énorme problème, que tout le monde peut voir et qui est très embarrassant. Je n’ai jamais eu de problème de ce type, mais pour une raison quelconque, c’est resté dans mon esprit quand j’étais un enfant comme l’une des pires choses qui puisse arriver, à part mourir ou un truc dans le genre.

Porter des couches signifie que ce n’est pas grave. Qu’il n’y a rien de mal à perdre le contrôle, ou à ne pas avoir ce contrôle en premier lieu. Et si c’est tout à fait ok qu’une chose aussi simple ne soit pas faite “correctement”, pour ainsi dire, cela prouve aux étranges schémas dans mon esprit que, parfois, rater d’autres choses, ce n’est pas grave non plus. Être rembourré vous donne juste un rappel constant que vous n’avez pas à être super mûr tout le temps et que vous n’êtes pas obligé de toujours tout réussir. Il est normal d’accepter votre nature, même si cette nature est d’être plus “petits” que la normale et de faire pipi dans votre culotte parfois. Après tout, vous ne pouvez pas vraiment vous en empêcher, n’est-ce pas?

Dans l’ensemble, je pense qu’avoir cette connerie de fétichisme m’a beaucoup aidé.

Comprendre qu’il s’agissait d’une chose réelle m’a fait sortir de ma phase muette d’otaku préadolescent cynique. Et c’est à peu près la seule raison qui m’a permis de rencontrer un tas de gens vraiment vraiment cool à qui je tiens dans ma vie. C’est peut-être stupide, et je peut-être suis idiot d’y accorder tant d’importance. Je sais qu’en soi, ça a causé et ça causera beaucoup de problèmes dans ma vie, à cause du fait que c’est putain de bizarre. Mais je serais une personne totalement différente sans cela, et je ne suis même pas sûr que je voudrais être cette personne.

Donc oui. Je sais que je suis un peu bizarre et que j’ai des goûts étranges, mais ce n’est pas une mauvaise chose. C’est juste le destin, je suppose. J’en suis le résultat, et je l’accepte.

 

“Je me sens plus attirant lorsque je ne nie pas cette partie de ma sexualité”

Comme beaucoup de gens ici, j’ai eu ce désir depuis toujours, aussi loin que mes souvenirs remontent. Et, pour moi, c’est sexuel. Je ne connais pas du tout l’autre aspect de la chose.

Et je ne sais pas pourquoi ou ce qui s’est produit pour le déclencher. J’ai eu une enfance saine avec une famille aimante. Ma mère et mon père étaient tous les deux de bons parents. J’étais populaire à l’école et je me considère comme un jeune homme heureux dans son mariage, et ayant réussi professionnellement.

Mais aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un désir insatiable de porter une couche, et je trouve que les femmes portant des couches sont la chose la plus sexuellement excitante qui soit (je préfère regarder une femme dans une couche que la voir nue).

Je ne me concentre pas sur le pourquoi, car il semblerait alors que je sois à la recherche de quelque chose à “blâmer” dans ce comportement, ce qui indiquerait qu’il serait faux ou mauvais.

Au lieu de cela, je sais ce que cela me fait ressentir sentir. Je me sens plus masculin, optimiste, confiant, sexuel, et heureux.

Si je me refuse cette part de moi-même trop longtemps, je me sens un peu raplapla, frustré, et même inquiet à propos de choses du quotidien. Je pense que c’est comme réprimer sa sexualité, cela ne mène qu’à des choses très négatives.

Au contraire, les couches me permettre de me sentir soutenu et en sécurité. J’associe l’attention, l’affection et l’intimité à la vulnérabilité associée à cet objet. Je suis davantage attiré par les gens et je me sens plus attirant lorsque je ne nie pas cette partie de ma sexualité. Globalement, c’est une bonne chose. Et ce n’est ni illégal, ni nuisible pour quiconque.

 

Les pratiques ABDL, points de vues de “mommies” et de “daddies”

Dans un autre topic Reddit, une “AB” demande à des “bigs” ce que s’occuper d’ “adult babies” peut bien leur apporter. Je vous traduis quelques passages :

 

“Prendre soin de quelqu’un d’autre me donne une raison d’être et me rend heureux”

Du point de vue d’un(e) “little”, il faut beaucoup de confiance pour se montrer si vulnérable en présence quelqu’un et le laisser vous prendre complètement en charge. En tant que “daddy”, gagner cette confiance est la plus grande des récompenses. Être capable de prendre soin de quelqu’un d’autre me donne une raison d’être et me rend heureux.

 

“Une forme de pouvoir bienveillant, mais absolu”

Je suis switch (ndlr : qui prend alternativement les rôle de “little” et de “daddy”/”mommy”). J’ai commencé en tant qu’exclusivement “little”, et au fil du temps, j’ai fini par prendre soin des autres, au point d’avoir mes propres “littles”.

Vraiment, ce que j’en tire est différent avec chaque “little” dont je m’occupe. Mais j’ai remarqué une multitude de choses que cela peut m’apporter, en fonction de la personne.

Notamment:

– La montée d’adrénaline et la chaleur causées par cette connexion profonde. Quand un “little” me regarde avec ces yeux grands ouverts qui disent qu’il a confiance en moi, besoin de moi, et n’a pas de limites pour moi, c’est enivrant.

– La joie de partager des choses avec eux pour “la première fois”, encore et encore. Des petites choses comme se laver les mains, en chantant l’alphabet, parler de ses sentiments, lire ensemble, sont tellement satisfaisantes, émotionnellement parlant.

– La profonde intimité physique. Ça me réchauffe le cœur et ça m’excite de savoir que lorsque je m’occupe d’un “little”, j’ai (et je dois avoir) un accès total à son corps. Je peux le toucher où je veux, quand je veux. Changer la couche d’un “little” veut dire que je peux mettre mon doigt dans son derrière si j’en ai envie. Être responsable de son comportement signifie que si je le décide, je peux baisser son pantalon et ses sous-vêtements pour lui donner une fessée. C’est une forme de pouvoir bienveillant, mais absolu.

Être idolâtré(e) : les “littles” ont tendance à voir leurs “bigs” en rose. Nous sommes séduisants et intelligents et forts et dignes de confiance. Les “Littles” nous voient sous notrez meilleur jour. C’est grisant.

– Parvenir à créer une connexion et des rituels répétés. “Chez nous, nous racontons des histoires avant d’aller au lit à 9 heures”. Des trucs comme ça sont aussi confortables et familiers pour moi en tant que “Big” qu’en tant que “Little”.

– Une forme de sensualité non-genrée. Certain(e)s de mes “littles” aiment les choses sexuelles. Ils/elles aiment se faire masturber au moment de changer leurs couches, tandiq que d’autres préfèrent des jeux plus innocents. Mais dans tous les cas, il y a cette belle intimité sans but précis et cet aspect tactile qui est très agréable. Un de mes “littles” aime s’asseoir sur mes genoux pendant que je caresse et frotte le fond de sa couche pendant des heures. J’adore ça aussi.

 

“C’est tellement agréable de prendre soin de l’être aimé”

J’aime vraiment être la “mommy” parfois, même si la plupart du temps, je suis la “little” dans ma relation avec mon petit ami. C’est tellement agréable de prendre soin de l’être aimé, de le changer, de jouer avec lui. Le soin et le don se soi créent un lien très fort entre nous. Il sait que je suis là pour lui, à tout moment, il peut me faire confiance, quoi qu’il arrive.

Il dit que ça me vient naturellement, d’être une maman qui chouchoute trop sa petite personne, parfois. Mais c’est dans ma nature, je ne peux pas m’empêcher de prendre soin de mon “little” et de lui donner ce qu’il y a de mieux.

 

“Il a besoin de moi, et c’est un sentiment merveilleux”

Être une “mommy” est merveilleusement enrichissant et satisfaisant ! Prendre soin de mon “little” m’apporte tant de joie. Ça fait du bien d’être responsable du bonheur de quelqu’un de manière profonde. J’ai tellement d’importance pour lui, il a besoin de moi, et c’est un sentiment merveilleux.

 

Je suis un “daddy” car j’adore m’occuper de ma soumise

Je ne suis pas “issu” du monde ABDL (dit comme ça, ça fait très science-fiction).

A l’origine, je suis juste un dominateur BDSM. Et puis, j’ai trouvé une douce soumise, qui se trouve être aussi une AB (ndlr : Adult Baby).

En tant que dominateur (bienveillant et attentionné), j’ai naturellement tendance à prendre soin de ma soumise.

Elle m’a d’abord dit qu’elle avait des fantasmes ABDL. Et je lui ai répondu que ce n’était pas mon truc, mais que cela ne me dérangeait pas, tant que je ne participais pas à ce jeu.

Puis, voyant qu’elle se sentait bien et relaxée en étant “little”, j’ai ressenti l’envie de participer, en tant que son “daddy”. Le mot et le concept étaient encore un peu bizarres pour moi. J’ai donc eu plus d’aise à me considérer comme une sorte de “protecteur” ou de grand frère. Car je voulais être celui qui lui permettait de ressentir ce bien-être.

Donc, en résumé, je suis un “daddy” car j’adore m’occuper de ma soumise et être celui qui la fait sourire, rire et se sentir en sécurité. Peu m’importe maintenant que cela implique des chaînes ou des couches.

 

Edit : une définition francophone

NDLR : Les témoignages de francophones sur les pratiques ABDL sont assez rares. Voici quelques remarques et explications que l’on m’a données à ce sujet, suite à la publication de cet article.

 

Attention à ne pas être réducteur en sous-entendant que ageplay = adultbaby = diaperplay. Ce serait aussi mélanger des dynamiques et des pratiques.

L’ageplay est une dynamique où la soumise désire revivre des moments d’insouciance liés à l’enfance. Dynamique qui porte d’ailleurs mal son nom puisque de nombreuses pratiquantes n’y associent pas d’âge en particulier, tout au plus une tranche d’âge. Par contre, d’autres sont très précise sur l’âge, ou les ages en fonctions des circonstances fluctuantes.

L’adultbaby est une sous-dynamique de l’ageplay ou la soumise retombe en tendre enfance. Cette dynamique peut amener à pratiquer le diaperplay, mais pas nécessairement non plus.

La pratique du diaperplay est très variée. Souvent portée pour le plaisir, il s’avère que la couche est rarement utilisé pour son objectif premier : s’y soulager. La couche étant plutôt utilisée comme symbole de la dépendance à celui/celle qui doit la mettre et la changer.

C’est la dimension “retomber en enfance (ou en adolescence)” qui fait penser à une dynamique de régression. Cela peut en effet être le cas bien que je n’ai croisé qu’une seule personne ayant ce désir de régression. Il faut alors être très prudent car il peut y avoir un besoin psychologique sous-jacent fort.

Et effectivement, les pratiquants de la dynamique ageplay sont rares en France. Culture de la répression des sentiments ? Racine historique du BDSM français dans le SM ?

En conclusion, je dirais que l’ageplay c’est de la D/s ayant choisi la voie de la douceur, le SM étant de la D/s ayant choisi la voie de la douleur.

 

 

Illustration : galerie Flickr de Paul Keller.

 

Collectionneuse compulsive de sextoys, testeuse pointilleuse et exhibitionniste débutante.

8 réflexions sur “ABDL : fétichisme d’infantilisation et couches-culottes”

  1. Un article très intéressant, moi qui me posait justement la fameuse question du “daddy” du côté bdsm… Merci de m’avoir éclairée un peu plus sur le sujet ! A bientôt, Vulpès.
  2. Bonsoir Vulpès, et merci pour ce commentaire. Pour le mot “daddy” dans un contexte BDSM (ou au moins, sexuel), je ne crois pas qu’il s’agisse là du seul usage de ce terme (bon, ensuite, je me fais peut-être des idées, donc je ne m’avancerai pas trop en suppositions hasardeuses).
  3. Ping : Au doux pays de la paraphilie- Paraphilie oldies: Couche mon amie #4 | * Ma vie n'est pas un roman

  4. Pour n’importe quel comportement humain, pour le comprendre, il faut connaître le moteur, la force, qui le met en mouvement. Dans ce que je vais appeler le port des couches, tout simplement, sans entrer dans des termes que personne ne maîtrise, le moteur est lié à des étapes de la vie de l’enfant à l’adolescence, mais trouve toujours sa source dans la petite enfance: En effet, c’est au moment où l’enfant portait encore des couches que l’énergie s’est mise en place. Ce que je vais dire, est en rapport avec la pratique clinique, anglosaxonne, encore une fois, de ce qu’on appelle ‘attachement’, et de la manière sécure de s’occuper du besoin d’attachement de l’enfant. On a mis au jour que cet attachement au caregiver, le donneur de soins et de sécurité, d’attention, la mère, le plus souvent, est fondamental dans les capacités futures de l’enfant, et plus tard, de l’adulte, pour palier aux angoisses d’abandon, palier à une mère insécure, ou à des attachements pathologiques. Pour être plus claire: L’enfant a besoin d’être aimé, mais aussi rassuré dans ses angoisses. L’absence de la mère, ou sa présence inadéquate angoisse l’enfant, et il a besoin d’être constamment rassuré. De ce fait la mère construit, avec lui, les petits moyens qu’il a pour éviter l’angoisse. On connaît les doudous, cet objet dit ‘transitionnel’, car il représente la permanence de la mère, même si elle n’est pas juste à côté du petit. La couche, le moment du change, la toilette, les biberons, la nourriture, le sein, les sucettes, le pouce, un coin de couverture, sont des objets qui jouent ce même rôle. La couche a des avantages précis, pour rassurer le bébé, ou le petit enfant surtout, qui s’éveille à tout: Elle touche à la zone la plus innervée et sensuelle du corps à cet âge là, avec la zone orale, la bouche, le goût, la succion. Le fait de se trouver propre ou au contraire de jouer avec sa capacité à retenir ou se lâcher, l’attention que met la caregiver à être douce, va laisser à l’enfant des sensations de bien être, qui vont être prolongées lorsque la couche sera placée, serrée, avec son contact doux. Il se crée alors pour certains enfants une énergie de rassurement, j’appelle ça comme ça, qui vient compenser une angoisse, une insécurité, qui a des raisons, pour cet enfant, d’être très fortes. L’insécurité crée l’accrochement à ce qui rassure. Cela va devenir pour l’enfant un moyen puissant, et parfois son unique moyen de quitter ses angoisses, et de revenir à une situation la plus sereine possible. Quiconque a vu un enfant pleurer et paniquer au départ de sa mère, comprends très bien que cette immense énergie déployée puisse être compensée par un non moins puissant moyen de se rassurer. Quand on est grand, c’est juste la survivance de ce puissant moyen d’autrefois qu’on utilise à nouveau. A l’adolescence, toutefois, l’éveil, cette fois sexuel, de la zone où se trouve la couche, va faire associer ce plaisir, à cet objet, par la masturbation qu’il permet, et cette énergie de rassurement qui ne s’éteint pas pour autant. Beaucoup de porteurs de couches masculins, ne se rappellent pas de leur petite enfance, et ne savent plus à quoi se relie cette énergie de rassurement, mais ils se souviennent à coup sûr de leur première éjaculation. Ainsi je ne veux pas qu’on emploie de termes médicaux, alors qu’il ne s’agit ni de fétiche au sens freudien originel, ni de paraphilie, termes qui ne font que constater, mais ne remontent pas du tout à la source énergétique du comportement apparent. Ensuite, la sexualité adulte est très similaire, elle fait en grande partie appel à l’enfance!… Les zones érogènes sont investie d’une énergie qui provient de la petite enfance, même si elle ne sont opérationnelles qu’à l’adolescence. Le plaisir est avant tout psychique, lié à des capteurs sexuels, oui, mais aussi à des énergies qu’on acquiers tout petit. Je suis une porteuse de couche, par incontinence, suite à un trauma lombaire. Mais mon enfance perturbée a aussi comporté des couches, ou leur absence cruelle, alors que je mouillais mon lit. Aussi un problème d’attachement à ma génitrice, puisque ma véritable mère, a été ma grand-mère paternelle, dont j’ai été séparée à mes cinq ans… âge où j’ai commencé à faire pipi en dormant. Auparavant, il y avait eu une affaire d’inceste maternel comportant des couches, et je faisais cauchemar sur cauchemar. J’ai la chance si on peut dire d’avoir la mémoire exacte de tout cela, et puis une mère perverse, ça ne se dément pas dans le temps, aussi j’ai pu réunir tout un faisceau de connaissances de ma petite enfance qui corrobore mes souvenirs déjà très détaillés et vivants encore en moi aujourd’hui. J’ai pour moi des études de psychologie classique, et une longue pratique des enfants en tant que maîtresse de maternelle, me laissant proche des petits, me permettant aussi d’avoir une idée concrète de ce qu’est la réalité d’un enfant de trois à cinq ans. Depuis quatre ans, je mène donc cette réflexion sur le port des couches, ou le fait de se sentir petite, petit, et je l’assume: Je suis une petite qui reprend le cheminement arrêté, morcelé de son enfance. Boris Cyrulnik, un psychiatre français, a souvent expliqué l’image d’un tricot plein de trous, dont les mailles ont été sautées en le tricotant: Il faut alors pour l’enfant, ou l’adulte, reprendre maille par maille le tricot, et re-tricoter les trous, là où ils ont été laissés, pour que l’ouvrage tienne ‘à peut près debout’ On appelle cela la résilience, la capacité à construire après coup, ce qui n’a pas été vécu comme il faut. Ce ne sont pas nécessairement des traumatismes visibles comme le viol qui fixent une part de l’enfance en besoin de porter des couches, c’est le fait que l’énergie de rassurement a été fixée sur cet objet tout doux, et que cette énergie est encore utilisable pour se rassurer, à un âge où la plupart des personnes ont abandonné ces moyens, rudimentaires, mais terriblement efficaces pour la personne qui les utilise. J’ai posé mes valises de douleur, pour les échanger conte de nouveaux petits bagages tout légers, que je veux remplir de fleurs et de bonheur. Pour résumer le phénomène des porteurs de couches, des Petits, des amateurs de couches globalement, tout dépend de la force qu’a pu avoir cette énergie pour le petit enfant, et bien sûr du passage à travers l’adolescence et l’éveil de la sexualité… Je remercie votre blog, Elle et Lui, de laisser la place à ce sextoy particulier, mais aussi, cela va aussi loin que la sexualité, dans les ancrages communs à la petite enfance, à l’adolescence. Les discussions que j’ai avec des porteurs de couches, montre que même si la sexualité est parfois mise de côté, tellement le besoin de se sentir rassuré est grand, se faire langer par Daddy, par exemple fait oublier tout désir sexuel car ce contact tellement intime fait vivre en tant que bébé, sans besoins autres que l’affection, le soi, l’attention… Cela permet de revivre une situation d’attachement sécure, et de reconstruire son enfance positivement. A d’autres moments, pour parler de mon désir de femme, il reprend le dessus, mais la séparation est nette, et je ne peux désirer mon homme que comme femme, femme enfant, peut être à l’ouest de toute idée adulte, mais mes fantasmes de femme restent en place, ils ne sont pas abolis. Ni moi ni les petits de ma connaissance ne pratiquons une relation sm ou bdsm suivie, nos rencontres sont fondées sur une entente très subtile en matière de sexe, de besoins de petit, et en général, couches, soins, univers de Petit, et séparés du besoin d’une sexualité plus classique, voire très coquine et pourquoi pas bdsm, si cela est un jeu temporaire . Il en est de même du partenaire, qui en général est complémentaire des désirs du Petit, et apporte des soins en tant qu’adulte à un Petit, et quand les désirs de Grand se pointent, on passe à autre chose, on oublie un peu cette reviviscence enfantine, pour une sexualité riche, je trouve, car décomplexée nécessairement de toute restriction intime: on joue alors avec le corps à deux, sans tabou. Quand on vient de se faire changer un caca, pour prendre un exemple extrême mais courant, les fesses en l’air, tout comme n’importe quel petit par sa maman adorée, on est délivré(e) de toute tension qu’apporte l’enjeu du rapport sexuel en couple, le plaisir de jouer ensemble l’emporte sur toute autre considération de pudeur, de peur de son intimité. Voilà, j’espère que ce texte en langue française originale permet de faire avancer les choses. Je me refuse à un esprit communautaire. je préfère replacer le port des couches dans un cadre non pathologique, qui soit à la fois ludique, car c’est l’énergie venue tout droit de l’enfance, qui est le moteur, mais aussi un moyen de bien vivre, malgré, parfois des histoires terribles qu’on me raconte parfois, inracontables ici, par ailleurs, mais parfois aussi, de bien vivre avec des enfances presque heureuses, tout étant dans ce ‘presque’, où s’est parfois accumulée l’énergie douce, d’une personne aimante, qui change avec passion son petit, dirons-nous! Une fois placée cette façon de dépathologiser, de déculpabiliser, le port des couches et que qu’on en fait, le désir de vivre son enfance, on a fait le demi-chemin d’effacer bien des tabous! Un dernier mot, pour moi, Petite, je ne vois que le couple comme moyen de bien vivre en tant que petite, car j’ai besoin d’une affection indéfectible, de la part de mon compagnon, les couches sont bien un moyen de rassurement pour palier à cette absence d’affection, à cette fragilité interne énorme, mais qui me donne aussi une énergie d’amour très belle, très pure, naïve, que je lui transmet en retour. Un bébé seul n’existe pas, et c’est cette dimension relationnelle qui à mon sens est essentielle, pour les Petits, mais aussi pour les nounous ou daddys. Pour beaucoup de couples, les couches deviennent un motif de rupture. Je pense que ce sont des suites de malentendus sur la nature véritable de ce désir, une incompréhension des causes, et de la grande banalité de ce comportement finalement. Patricia.
  5. moi dans l’ ABDL, je pratique juste tétine, doudou et biberon. La tétine et le doudou sont là pour me rassurer contre mon épilepsie pour éviter d’ angoisser, pour ce qui s’ agit du biberon, c’ est juste pour pouvoir boire allongé avant de m’ endormir. Au passage, cet article décrit l’ ABDL.
  6. Je cherche une ou deux dominatrice sexy peut importe l’âge je peut être tous comme scato mon numéro et ********** vous me donner un message je vous attend

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